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Les Femmes qui ont marqué la Guerre
Mata Hari, de son vrai nom Margaret Zelle, est la fille d'un marchand de chapeaux de Leeuwarden, aux Pays-Bas, et d'une mère javanaise. Son père fut rapidement confronté à la faillite. Renvoyée de l'école normale de Leiden à la suite d'une liaison avec le directeur, Margaret se marie par annonce matrimoniale avec un capitaine écossais de dix-neuf ans son aîné, ce qui lui permet de mettre un terme à sa situation instable. Celui-ci se révèle cependant alcoolique et violent. Ils s'installent dans les Indes Néerlandaises et perdent leur jeune fils. De retour en France avec leur fille en 1903, Margaret Zelle divorce et devient " Mata Hari ", soit " l'oeil de l'aube " ou " soleil " en malais.
Sous l'aspect d'une princesse orientale, elle danse le 13 mars 1905 au musée Guimet à Paris et fait fureur. Dès lors, sa renommée ne cesse d'enfler dans toute l'Europe. Durant la première guerre mondiale, une mission d'espionnage lui est confiée par l'armée française. En effet, on l'invite à mettre ses relations internationales et ses facultés de déplacement au service de la France : en tant que ressortissante des Pays-Bas, elle pouvait franchir librement les frontières. Elle accepta contre promesse d'une somme d'un million de francs … qui ne fut jamais versée. Mata Hari vend ses charmes tant en France qu'en Allemagne, ce qui suscite la méfiance. Son second mari depuis 1916, le capitaine russe Vadim Maslov, âgé de 21 ans, est blessé pendant la guerre. Se lançant à sa poursuite, elle accepte, contre un passe-droit, d'espionner le prince héritier allemand qui n'est autre que son amant.
A la suite d'une perquisition dans sa chambre d'hôtel des Champs-Elysées, elle est arrêtée par le contre-espionnage français. Mata Hari apporta en fait très peu d'informations, que ce soit aux Allemands ou aux Français et la seule qui soit assez importante concernait un autre agent double qui avait infiltré le réseau allemand pour les services secrets français. Un bouc émissaire étant nécessaire, elle est condamnée à être fusillée. Elle est exécutée le 15 octobre 1917 dans les fossés de la forteresse de Vincennes, après avoir lancé un baiser à son avocat et au peloton d'exécution. Mata Hari appartient à la légende des femmes de pouvoir et de séduction, sacrifiée pour sa dangereuse audace au nom de la raison d'état et rendue mythique par des actrices renommées.
Un film : Mata Hari de George Fitzmaurice (1931) En savoir plus
Evocation de la vie de la célèbre espionne Mata Hari. Danseuse et femme adulée de la grande société parisienne, elle est en réalité au service des Allemands.
Des livres…
Mata Hari innocente ! de Russell Warren Howe
Les amants de Mata Hari d'Alexandre Vialatte
Surnommée la "Jeanne d'Arc du Nord", elle vit le jour le 15 juillet 1880 à Saint Amand les Eaux, ses parents étaient issus d'une famille de vieille noblesse. Après de brillantes études à Valenciennes, elle choisit de mettre à profit ses facultés intellectuelles en se plaçant comme gouvernante dans des familles anglaises et allemandes afin d'apprendre leurs langues et de découvrir l'Europe.
En 1914, les troupes allemandes envahissent le nord de la France. Louise prend part, en octobre, à la défense de Béthune où elle distribue, malgré les tirs allemands, boisson et nourriture aux soldats.
Engagée par la suite comme infirmière, Louise avait pour mission d'accompagner et de réconforter les blessés de guerre, en écrivant à leur proches, en français, en anglais, en allemand ou encore en italien.
A la fin de l'année 1914, elle accepta de passer clandestinement du courrier d'une zone à l'autre. Son frère Henri, lui fournit les papiers au nom d'Alice Dubois. Elle mit en place une organisation "Alice" qui comptait quatre vingt personnes surveillant tous les mouvements des troupes allemandes de la région de Lille de février à octobre 1915. (Ce réseau fait passer des hommes en Angleterre, via les Pays-Bas et recueille des renseignements militaires: mouvements de troupes).A l'été 1915, un nouveau réseau d'information est mis en place dans le secteur de Valenciennes. Il informe, à l'automne 1915, notamment l'imminence d'une attaque d'envergure dans le secteur de Verdun. Elle est aidée dans sa tâche, à partir du printemps 1915, par la roubaisienne, Marie-Léonie Vanhoutte. (Cette dernière, ayant travaillé à l'installation des ambulances, utilise son statut pour faire du renseignement. Elle met à profit ses voyages Bouchaute-Gand-Roubaix, destinés à transmettre des nouvelles aux familles des soldats et à distribuer le courrier, pour informer les services anglais sur les mouvements des troupes et les lieux stratégiques.)
Louise mit également au point un système de localisation sur plan particulièrement performant qui permettait de déterminer avec précision les positions des batteries allemandes. Il est admis que ce sont plusieurs milliers de canons qui furent ainsi détruits, d'où cet hommage allemand " elle valait un corps d'armée ".
Louise est arrêtée le 20 octobre 1915, à Tournai, alors qu'elle tente de traverser la frontière franco-belge munie de ses faux papiers. Elle est ensuite jugée, dans un courrier adressé au gouverneur de Belgique, Louise accepte sa condamnation mais demande la libération de ses coaccusés.
A la fin de janvier 1917, Louise de Bettignies est mise au cachot pour avoir refusé de fabriquer des pièces d'armement destinées à l'armée allemande et avoir entraîné le soulèvement de ses codétenues.
Elle qui avait été condamnée aux travaux forcés à perpétuité, meurt deux mois avant la capitulation, en prison, des suites d'une pneumonie.
Le 16 mars 1920, les Alliés organisent à Lille une cérémonie-hommage pendant laquelle la "Jeanne d'Arc du Nord" reçoit à titre posthume la croix de la légion d'honneur, la croix de guerre 14-18 avec palme, la médaille militaire anglaise et est faite officier de l'ordre de l'empire britannique. Ce n'est qu'en 1929 que son corps sera transféré à Lille où de "grandioses" funérailles lui seront organisées en l'église Saint-Maurice.
Edith Louisa Cavell (4 décembre 1865 - 12 octobre 1915) est une héroïne de la Première Guerre mondiale.
Elle est née en 1865 à Swardeston, dans le Norfolk, où son père est pasteur anglican. Après avoir étudié et obtenue son diplôme d'infirmière en 1895 en Angleterre au 'London Hospital', elle s'en va en 1906 exercer à l'Institut de Chirurgie et diriger l'institut médical Berkendael à Bruxelles…
En 1914, alors que la première guerre mondiale éclate, la Croix Rouge installe un hôpital dans son établissement : elle et ses élèves soignent alors les blessés des armées. Dans toute la Belgique des organisations se forment…
Point stratégique, son établissement est alors transformé en un centre d'accueil pour les soldats français, belges et anglais désireux de rejoindre l'armée en passant par les Pays-Bas. Miss Cavell devient ainsi un maillon important de ce "réseau d'évasion" du nord de la France vers la Hollande via Bruxelles.
Au fils du temps et des opérations militaires, l'activité de ce groupe clandestin (illégitime) s'intensifie... Les soldats sont pris en charge par la princesse Marie de Croÿ au château de Bellignies, puis conduits auprès d'Edith Cavell où ils reçoivent des vêtements, des faux papiers avant de rejoindre leurs armées.
Ce travail commun, de novembre 1914 à juillet 1915, permet à deux cents personnes de s'évader de la zone d'occupation allemande.
Dénoncés, les soixante-six membres du réseau sont arrêtés à partir de l'été 1915. Edith Cavell est arrêtée le 15 juillet, alors qu'elle tente de faire passer la frontière hollandaise à des soldats alliés.
Au cours de son interrogatoire, tout comme pendant son procès, elle ne nie pas les faits : "j'ai pensé que c'était mon devoir de faire cela pour mon pays " ''Je suis anglaise et j'ai agi en patriote.''
-" Fière, calme, méprisant les violences de langage de l'auditeur, elle dit la vérité avant tout. Elle parla sans peur, d'une voix basse et éteinte, la force tranquille de son regard suppléant à la faiblesse de cette voix. Elle parla avec résolution quand elle eut à revendiquer la responsabilité de la tâche patriotique qu'elle avait accomplie. Les juges furent à coup sûr impressionnés par la simplicité avec laquelle elle exposa tout ce qu'elle avait fait d'aventureux et d'héroïque. " - (S. Kirschen.)-
Une attitude qui lui vaut d'être considérée comme traître et d'être désignée comme la cause de l'effondrement du service de renseignement belge.
La peine de mort pour intelligence avec l'ennemi, est donc demandée. Le 11 octobre 1915, Edith Cavell est condamnées à mort. Le 12 octobre 1915, à sept heures du matin, la sentence est exécutée.
La mémoire de Edith Cavell a été maintenu en vie depuis ce sombre jour. De nombreux bouquins ont été écrits à son sujet. Des statues ont été érigés à sa mémoire; une colonne a été érigée à Trafalgar Square (Londres), près de la National Gallery en souvenir de cette héroïne trans-nationale.
Un bas relief, détruit en 1940, lui a été aussi dédié au Musée du Jeu de Paume (Paris).
Une rue porte également le nom d'Edith Cavell à Sainte-Adresse près du Havre ainsi qu'à Vitry sur Seine (Val de Marne), à Hyères (Var) et à Nice (Alpes-Maritimes). Une place lui est enfin dédiée à Lille, ville aussi concernée par la mort, en captivité, d'une héroine de la 1ère guerre mondiale : Louise de Bettignies.
Louise Thuliez est née le 12 décembre 1881 à Preux-au-Bois d’un père instituteur. Sa famille est originaire de Saint-Waast-la-Vallée.
Etudiante à la Faculté des Sciences de Lille avant la guerre, elle ravitaille d'abord les soldats français et anglais qui se cachent dans la région de Saint-Waast-la-Vallée, puis facilite leur évasion en Hollande par la Belgique. Avec l'aide d'une de ses amies, Marie Henriette Moriamé, religieuse, elle en conduit ainsi plus de deux cent en Belgique, où elle les confie à Edith Cavell.
Le 31 juillet 1915, elle est arrêtée par les Allemands à Bruxelles et est incarcérée à la prison de Saint-Gilles, où est également emprisonnée Louise de Bettignies. Peu de temps aprés, un conseil de guerre la condamne à mort, puis aux travaux forcés à perpétuité. Mais, le 20 décembre 1915, un autre conseil de guerre la condamne une nouvelle fois à mort, sous l'inculpation d'espionnage. Elle n'est cependant pas fusillée. Emmenée à Siegburg, en Allemagne, elle est emprisonné jusqu'au 8 novembre 1918, où la révolution allemande la délivre.
En 1940, elle organise un réseau de passage vers l'Angleterre. Elle a donc été une résistante pendant les deux guerres mondiales.
La municipalité de Preux-au-Bois a élevé, vers 1970, une stèle de granit à sa mémoire.